L’association Jean Cotxet dans le 13ème arrondissement n est pas une association comme les autres. Tous les éducateurs sont vraiment proches des jeunes. Ils se déplacent, parlent, vont au contact dans la rue, dans les quartiers du 13ème. On les voit surtout l’après-midi, parfois le soir. Ils sont 5 éducateurs, dont deux femmes ; tous ont bien voulu parler, mais veulent rester anonymes.
A l’origine de cette association créée en 1959, le président du tribunal pour enfant de Paris, M. Brice. Aujourd’hui, l’association Jean Cotxet recouvre différents services de prévention spécialisée répartis dans toute l’Ile de France. Au total, il y a 900 salariés, dont 3 équipes de 5 éducateurs spécialisés sur Paris. L’équipe de prévention spécialisée du 13e a été crée en 2000, il y a eu 2 personnes au départ, et aujourd’hui ils sont 5 comme les autres. « Nous travaillons par rapport à tout avec les jeunes, c’est-à-dire les loisirs, les problèmes personnels… mais surtout pour la protection de l’enfance » déclare un éducateur. Chaque équipe a un mandat, le département leur a demandé de travailler sur un territoire, de telle rue a telle rue. La prévention spécialisée du 13e reste anonyme, les éducateurs ne dévoilent pas les noms des jeunes avec lesquels ils font des activités. Cette association est réservée aux jeunes de 11 ans à 21 ans, là aussi c’est le département qui a décidé. Le rôle des familles est limité. « ça nous arrive de parler aux familles mais on ne se déplace pas vers eux, à part pour des sorties ou des voyages. Nous ne faisons aucun sondage, il y a des parents de jeunes qui nous connaissent pas », raconte une éducatrice. D’ailleurs, les parents de jeunes qui souhaiteraient intégrer l’association ne peuvent en faire partie. «Nous ne voulons pas de parents des jeunes dans nos locaux car si par exemple un jeune a un problème avec sa famille, il doit pouvoir se sentir bien chez nous», explique une éducatrice. L’équipe tient à le préciser : ils sont des éducateurs, et pas des animateurs. Ce qui fait la différence, c est que les jeunes ne viennent pas que dans le but de faire des sorties, il y a d’ailleurs beaucoup moins de sorties et plus d’accompagnement, d’aide dans les problèmes familiaux, de justice, de logement… Un éducateur explique : « si quelques jeunes nous voient comme des animateurs, les plus vieux eux nous voient comme éducateurs, puisqu on a travaillé avec eux sur des difficultés qu’ils ont rencontrées. Pour ça, on a un local qui permet de les accueillir individuellement. C’est plus intime pour parler de leurs problèmes ». Les éducateurs se rendent disponibles si jamais on a besoin d’eux. En effet, le local est ouvert de 11h à 18h sauf le week-end. Mais les éducateurs eux travaillent en fonction de la demande du jeune. Ils peuvent finir plus tard si besoin, et s’il y a des activités en week-end ils se libèrent. Et quoiqu il arrive, ils sont dans la rue l’hiver comme l’été au contact des jeunes et organisent des repas le soir pour passer du temps avec eux.
Mickaël Kakou
